La Cappadoce, pays des merveilles
- 14 nov. 2017
- 4 min de lecture

Retour d'un week-end les yeux remplis d'étoiles (et de cernes, certes).
PS : Photos ©Baroudeusedorient, ©Aylin, ©Kaouthar
20 heures dans le bus, 36K de blagues, 700 photos, 10 visites, et 10 yeux éblouis.
Vendredi soir, 23h, c'est cinq nanas surexcitées qui prennent place dans le bus. Direction, la Cappadoce. Ah, la joie des nuits dans le bus, des routes turques caillouteuses, des embouteillages urbains, de la musique turque (que le chauffeur n'a pas coupé de la nuit), des fausses copines qui prennent les photos qui font mal un jour d'anniversaire au cours de la seule minute ou vous avez réussi à dormir... Bref, le bonheur. Mais qu'est-ce qu'on rigole !
L'émerveillement commence au creux de la vallée d'Ihlara. C'est un creux de Canyon ou chante une rivière... Un vrai petit paradis.
A partir du VIIe siècle, des chrétiens venus de Syrie et Palestine (RPZ keur keur) s'y étaient réfugiés pour fuir les invasions Arabes. Une quinzaine d'église se situent dans cette vallée. J'ai visité l'église du Serpent, datée du Xe siècle creusée dans la roche, et décorée de fresques splendides. Et en mon âme de catho, un chant de joie s'est élevé !
Plus au nord, se trouve le monastère de Selime, construit au VIè siècle.
Retour dans le bus, après une montée de deux cent marches un peu trop sportive. La guide nous emmène devant un lac, miroir de l'azur du ciel. Beauté silencieuse de la nature... Est- il vraiment possible de ne pas croire en Dieu?
Après quelques kilomètres de plus, nous entrons dans une ville souterraine. L'irruption de volcans il y a des milliers d'années à laissé en héritage à la région le tuf, une roche volcanique. Elle peut être aisément creusée. Les invasions successives des Romains, Mongols et Perses auraient entraîné les habitants à construire dans la roche pour se protéger. C'est un labyrinthe de pièces. Il y aurait 200 villes de la sorte en Cappadoce. Après la disparition mystérieuse des Hittiites qui y habitaient, c'est au tour des Chrétiens d'en faire leurs maisons. Ils fuient les persécutions de l'empire romain. Dans la ville souterraine, on voit encore un autel ou était célébrée la messe. Vestige de foi.
La roche volcanique est aussi à l'origine des fameuses cheminées de feu. (Incultes, vous ne le saviez pas? ) Les paysages magnifiques se succèdent, ôtant les mots de nos bouches. Je vous laisse les découvrir en image.
Pas de bonne journée sans un bonne soirée ! Après les découvertes du jour, nous sommes conduites à une soirée de danses turques. Boisson et nourriture à foison, c'est un bon point x 10000.
Le lendemain, réveil à 5h. Tout ce qu'on aime.
Nous prenons un minibus et traversons de nouveaux paysages. Au moment de descendre, l'excitation est à son comble.
Des ballons ! Des ballons par milliers !
L'aventure continue... en montgolfière ! Retour à mes 5 ans dans le parc Citroën et ma première et unique expérience en montgolfière. Et ce dimanche, 15 ans plus tard, je n'avais probablement pas l'air d'avoir plus de 5 ans. "Wow , c'est trop beau !" "Regardez, regardez, regardez ! " "Yihaaaaa". Enfin bref, vous voyez le délire.
L'équipe qui s'occupe de nous est super sympa. Ni une, ni deux, nous voilà au ciel. Sans jeu de mot. Les paysages blancs s'étendent sous nos pieds. Les collines jouent avec l'horizon. Et sous nos yeux ébahis, l'astre du jour s'élève derrière les montagnes. Il n'y a pas à dire, la vie est belle !
Une heure plus tard, nos pieds redescendent sur terre (mais gardons la tête dans les nuages). Un des gars de l'équipage, sans aucun doute charmé par nos si jolies faces fait le prince charmant et nous porte telles des princesses pour nous sortir de là. Accueillies par un verre, des bulles, et de la musique, nous n'avons qu'un regret : que ce soit déjà fini.
Mais la journée n'est pas terminée. Elle n'est même pas commencée, il est 8 heures du matin...
Nous retournons à l'hôtel prendre nos petits-déjeuners, salés pour les ouvertes d'esprit, sucrées pour les fermées d'estomac (il y a certain principes dans la vie, le beurre salé, le saucisson et le petit-déj sucré. Gardons la tête froide). L'estomac (donc le mental ) rempli, rebelote le bus.
Notre chauffeur moustachu (le turc basique) nous conduit dans un village chrétien des premiers siècles.
Ce sont des villages troglodytes, construits à même la roche. Les églises sont presque plus nombreuses que les maisons. A tel point que je me demande s'ils n'allaient pas à la messe plus qu'à la maison. (Ceci est de l'humour, une tentative d'utilisation de l'exagération, afin de vous faire comprendre que quand même il y avait beaucoup d'églises dans ce village.)
Retour aux sources de mon si cher christianisme. Et je vous le garantis, un petit "Ô prends mon âme" dans une église du Ve siècle dans la roche... ça claque ! Je n'ose même pas imaginer quand c'était le village entier qui chantait en cœur... !
Côté catho comblé, nous repartons pour de nouveaux points de vue panoramiques.
Nous découvrons également quelques traditions turques: la céramique. F**, une des nôtres, essaye de s'y mettre. Je dis bien essaye !
Nous visitons aussi une entreprise de production vinicole. Quoi ? du vin en Turquie? Oui j'ai eu la même réaction, après mes quelques tests de vins si douteux à Istanbul. Et bien figurez vous que la tradition vient encore des chrétiens (ils sont partout ce n'est pas possible). Il fallait bien qu'ils aient du vin pour célébrer la messe. A partir des invasions arabes, il le produisirent en cachette. La tradition s'est ancrée en Cappdoce et demeure encore aujourd'hui . Il était pas mauvais ce petit vin !
Et après deux jours intenses, nous repartons vers Byzance, Constantinople, Istanbul, faîtes votre choix. Examen le lendemain; les révisions de bus sont de conséquence. Mais pas un regret d'avoir pû voir un des mille visages de la Turquie. Et d'avoir pu retourner aux sources de son histoire.
















































































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